Septembre / octobre / novembre 2017

Édito


Cinq ordonnances réformant le code du travail ont été récemment publiées. L’examen parlementaire permettant de leur donner force de loi doit débuter fin novembre, mais une partie de ces mesures s’applique dès maintenant, comme la réforme du télétravail.

En France, les réticences culturelles des chefs d’entreprise freinent le développement du télétravail. Les organisations hiérarchiques pyramidales, adeptes contrôle présentiel des salariés, se trouvent en effet mises à mal par cette nouvelle organisation. La démocratisation du télétravail, plébiscitée par les salariés et favorisée par le gouvernement, sera rendue possible grâce à la généralisation de l’utilisation des nouvelles technologies au sein des entreprises. La transformation numérique des entreprises se trouve ainsi habilement stimulée.

Denis Mangeot Président de l’adebCosne

Le télétravail, qu’est-ce que c’est ?


Le télétravail désigne le travail effectué en dehors des locaux de l’entreprise grâce aux outils informatiques et de télécommunication. Le télétravail peut être occasionnel ou régulier, total ou partiel.

En France, près de 17 % des Français télétravaillent plus d’une journée par semaine, depuis leur domicile ou dans des tiers-lieux (espace de coworking, réseaux de proximité, centre d’affaires, etc.). De récentes études révèlent que 61 % des salariés français aspirent à ce mode de travail.

Quelles nouveautés apporte la réforme du télétravail ?


La réforme du droit du télétravail apporte de nombreuses modifications à la loi Warsmann de 2012, jusqu’ici en vigueur en matière de réglementation du télétravail et aujourd’hui obsolète.

Simplification du recours au télétravail

Le formalisme exigé pour la mise en place du télétravail est allégé. Les conditions du télétravail pourront être précisées dans un accord collectif ou dans une charte élaborée par l’employeur. En cas de recours occasionnel au télétravail, celui-ci peut être mis en œuvre d’un commun accord entre l’employeur et le salarié.

Création du droit au télétravail

Tout salarié qui occupe un poste éligible à un mode d’organisation en télétravail dans les conditions prévues par un accord collectif ou par la charte de l’entreprise peut demander à son employeur le bénéfice du télétravail. Le refus éventuel de l’employeur doit alors être motivé. Aucune procédure de contestation de la décision n’est à ce jour prévue.

Renforcement de la protection des télétravailleurs

L’ordonnance clarifie la prise en charge des accidents intervenus sur le lieu où s’exerce le télétravail. Les incidents survenus sur les plages horaires du télétravail sont désormais présumés être des accidents de travail et leur prise en charge se fera dans les mêmes conditions que s’ils s’étaient déroulés dans les locaux de l’employeur.

Est-il possible de télétravailler sur le bassin économique de Cosne-Cours-sur-Loire ?


Avec ses solutions locatives flexibles et ses locaux reliés à la fibre optique, le centre d’affaires CAMPUS est un lieu d’accueil privilégié pour les télétravailleurs.

Des postes de travail en espace partagé (Espace Coworking) sont disponibles, tout comme des bureaux individuels plus traditionnels. Des salles de réunion peuvent également être réservées pour des entretiens, des visioconférences ou des réunions de travail. Le centre d’affaires CAMPUS, géré et animé par les membres de l’adebCosne, fait partie du réseau national Relais d’Entreprises. Deux télécentres implantés à Pouilly-sur-Loire et à Donzy sont également disponibles. Ces lieux disposent de bureaux individuels et de postes de travail en espace partagé.

Le télétravail peut-il contribuer à l’essor des territoires ruraux ?


En plus de représenter une véritable révolution pour 71 % des Français, le télétravail apparaît comme un levier de développement économique pour les territoires ruraux : maintien de la population active, création de start-up hors centres urbains, revitalisation des centres-bourg, développement de nouvelles activités locales, sont autant d’opportunités offertes par le développement de cette nouvelle organisation du travail.

Certains territoires affichent d’ailleurs aujourd’hui leur volonté d’attirer des familles en mesure de télétravailler plutôt que des usines, comme par exemple le Gers et son réseau «Soho Solo». Le Pays de Murat, dans le Cantal, mise lui-aussi sur le télétravail pour attirer de nouveaux habitants et endiguer la fuite de la population active. Les 25 télétravailleurs qui se sont implantés sur ce territoire avec leur famille ont ainsi réinjecté plus de 1,2 million d’euros dans l’économie locale. Le télécentre du pays de Murat, baptisé la COcotte numérique, est un espace de travail attractif encourageant efficacement la création et le maintien d’activités économiques en milieu rural.