Entre le 10 et le 24 avril 2020, l’adebCosne a mené une enquête en ligne pour mesurer les impacts de la crise sanitaire actuelle sur les entreprises du bassin économique de Cosne-Cours-sur-Loire. Le questionnaire, adressé à 570 adresses e-mail, a été complété par 104 chefs d’entreprise locaux.

LES IMPACTS DU CONFINEMENT

Près de 32 % des sondés déclarent avoir subi une fermeture administrative de leur établissement. 46 % des dirigeants déclarent avoir enregistré une baisse de plus de 50 % de leur chiffre d’affaires et 22 % indiquent subir une perte de moins de 50 %. Pour la majorité des chefs d’entreprise interrogés, la baisse de leur chiffre d’affaires est liée à l’impossibilité d’intervenir chez les clients qui préfèrent éviter tout risque de contamination. La seconde cause invoquée pour expliquer la baisse d’activité commerciale est la chute du niveau des ventes provoquée par les restrictions de déplacement et la concentration des dépenses des consommateurs vers l’alimentaire et les produits de première nécessité. Les difficultés d’approvisionnement des entreprises ont également largement contribué à la chute des chiffres d’affaires réalisés.

Les dispositifs d’aide aux entreprises

Une très large majorité des sondés déclarent avoir été suffisamment informés sur les aides aux entreprises mises en place par le Gouvernement. 60 % des chefs d’entreprise ont déposé moins de 3 demandes d’aides, 34 % ont déposé entre 3 et 8 demandes et 6 % ont déposé entre 9 et 11 demandes. 38 % des dossiers ont été acceptés, 49 % étaient en cours de traitement au moment de l’enquête et seulement 12 % des aides ont été refusées pour cause de non-respect des critères d’attribution.

Le recours à l’activité partielle des salariés est le dispositif le plus fréquemment sollicité, suivi par l’aide issu du Fonds de Solidarité et les demandes de report du paiement des charges sociales ou fiscales. Le recours au temps partiel a été accordé dans 60 % des cas (38 % des demandes étaient toujours en cours de traitement au moment de l’enquête). L’aide complémentaire pour les TPE menacées de faillite fait partie des dispositifs les moins sollicités. Il convient toutefois de noter que ce dispositif n’était pas entièrement opérationnel au moment de l’étude. Concernant le Fonds de solidarité, certaines entreprises n’ont pas pu bénéficier de cette aide en mars du fait d’une baisse insuffisante de leur chiffre d’affaires par rapport à mars 2019. En effet, certaines entreprises avaient déjà généré plus de 50 % de leur chiffre d’affaires sur les 15 premiers jours du mois de mars et d’autres ont pu continuer à travailler efficacement durant le premier mois de confinement grâce à la mobilisation de leurs stocks. Il est à noter que le mois de mars 2019, servant de référence pour l’attribution de cette aide, a été très impacté par le mouvement social des « gilets jaunes » ayant entraîné un faible niveau d’activité commerciale global. Concernant les Prêts Garantis par l’État, certaines entreprises locales ont pu profiter de ce dispositif mais de nombreux dirigeants déclarent rencontrer des difficultés avec leur établissement bancaire. Bien que garantis à hauteur de 90 %, ces prêts restent perçus comme risqués et leurs attributions nécessitent parfois l’intervention d’un acteur institutionnel.

Des pistes d’amélioration pour les dispositifs d’accompagnement

La grande majorité des sondés affirment que la mise en place d’une exonération des charges sociales et fiscales serait un dispositif pertinent pour assurer la pérennité de leur entreprise. En réponse à cette demande forte exprimée par l’ensemble des entreprises françaises, le gouvernement a décidé d’accorder trois mois d’exonérations de charges sociales aux entreprises de moins de 10 salariés de tous secteurs qui ont été obligées de fermer par décision administrative à cause du confinement. La prise en charge des pertes d’exploitation par les assureurs est la deuxième proposition de dispositif complémentaire la plus fréquemment évoquée.

Les besoins pour la reprise partielle d’activité du 11 mai

Concernant la reprise d’activité prévue le 11 mai, la grande majorité des chefs d’entreprise déclarent anticiper un besoin accru de trésorerie afin de pouvoir faire face à leurs dépenses à venir. Les TPE et les micro-entreprises estiment avoir besoin de 1500 € en moyenne pour reprendre leur activité, alors que les plus grosses entreprises annoncent un besoin de 2 millions d’euros. La zone médiane se situe entre 10 000 € et 30 000 €. Il est à noter que 4 % des chefs d’entreprise sondés déclarent avoir besoin de recruter pour faire face à un surcroit d’activité. Bien évidemment, les modalités d’application des mesures de protection sanitaire sont au cœur des préoccupation des chefs d’entreprise.

Un choc économique amorti, une reprise d’activité décisive

Les dirigeants locaux ont su réagir rapidement et profiter des opportunités d’accompagnement mises en place par le Gouvernement. Les informations concernant les différents dispositifs mis en place ont été efficacement relayées par l’ensemble des acteurs institutionnels. Près de 70 demandes d’informations ont été enregistrées à l’adebCosne durant les premières semaines de confinement. Des informations complémentaires ont pu être proposées aux chefs d’entreprise afin de faciliter leurs différentes démarches. Les dispositifs mis en place par le Gouvernement semblent correspondre aux besoins des chefs d’entreprise, des ajustements sont encore aujourd’hui en cours afin de les adapter plus précisément aux réalités du terrain.

Les conditions de mise en œuvre des mesures de protection des salariés et des clients seront décisives pour l’après-confinement. La confiance des clients devra être restaurée. Après le « pic » de la crise sanitaire, les entreprises locales ayant traversé cette période difficile pourront sans nul doute tirer parti de l’engouement pour les productions locales, le « made in France » et le besoin de sécurité des consommateurs.